En 2023, plus de 94 % des entreprises mondiales ont adopté au moins un service cloud, mais la majorité peine à optimiser ses coûts et sa sécurité. Les investissements en infrastructures hybrides progressent plus vite que ceux du cloud public, bousculant les stratégies établies des fournisseurs.
La généralisation de l’IA générative dans les offres cloud promet de remodeler l’allocation des ressources et la gestion des données. Les exigences réglementaires et environnementales imposent déjà des ajustements majeurs, sous peine de sanctions financières et réputationnelles pour les entreprises inattentives.
Où en est le cloud computing aujourd’hui ? Chiffres clés et évolutions récentes
Le cloud computing s’est imposé au cœur des choix stratégiques des entreprises. En 2023, le marché cloud mondial dépasse les 600 milliards de dollars, stimulé par l’urgence de la transformation numérique et le besoin d’agilité. Aujourd’hui, près de 94 % des organisations exploitent au moins un service cloud, peu importe le modèle retenu.
Les directions informatiques pilotent désormais plusieurs environnements simultanément. Le cloud hybride et le multi-cloud ne sont plus l’apanage des grands groupes : ETI, hôpitaux et collectivités s’y engagent à leur tour. La combinaison du cloud public (AWS, Azure, Google Cloud) et d’infrastructures privées permet de jongler entre puissance, conformité et maîtrise des données.
Pour saisir les tendances d’investissement, voici les grandes lignes de la répartition actuelle :
- Le segment IaaS (Infrastructure as a Service) connaît une progression annuelle de 30 %, Amazon Web Services tenant la première place.
- Le SaaS (Software as a Service), mené par Salesforce ou Microsoft 365, attire 45 % des budgets cloud des entreprises.
Les fournisseurs cloud public étendent leur maillage : nouveaux data centers, offres sectorielles ciblées, outils d’orchestration toujours plus sophistiqués. Quelques géants dominent, mais des acteurs spécialisés émergent, parfois sur la data, parfois sur la cybersécurité.
Enfin, la question de la souveraineté numérique et la pression réglementaire conduisent de nombreuses entreprises à diversifier leurs partenaires et à privilégier la réversibilité des architectures. L’enjeu : rester agile dans un univers technique de plus en plus complexe, tout en gardant la main sur la transformation numérique.
Quelles tendances majeures façonneront le marché du cloud en 2025 ?
Le cloud computing prépare un nouveau saut pour 2025, avec plusieurs tendances en ligne de mire. D’abord, la cybersécurité prend le dessus : Forrester annonce que les capacités de sécurité intégrées s’imposeront comme le critère central de choix. Les alliances se multiplient : Palo Alto Networks, par exemple, s’associe aux grands du cloud pour offrir des plateformes capables d’anticiper les attaques, repérer les anomalies et répondre à des exigences de conformité qui ne cessent de s’intensifier.
L’équilibre entre cloud hybride et multi-cloud atteint sa maturité. Les entreprises les plus contraintes par la réglementation optent pour des combinaisons sophistiquées, garantissant la souveraineté des données critiques sans renoncer à la puissance des solutions publiques. Porté par la volonté de contrôler la localisation des centres de données, le cloud souverain s’impose peu à peu.
La gestion des coûts prend un tour nouveau avec l’essor du FinOps. Les pratiques d’optimisation et de pilotage budgétaire deviennent un levier de différenciation. Parallèlement, la question de l’intensité carbone monte en puissance : mesurer l’empreinte de son cloud devient incontournable, poussant les fournisseurs à investir dans des infrastructures moins énergivores et à publier leurs performances environnementales.
Face à ces enjeux, l’adoption du cloud s’accélère : recherche d’agilité, impératifs de conformité, quête de performance ou d’impact positif sur l’environnement. Les DSI devront composer avec ces nouveaux équilibres pour bien exploiter les perspectives de 2025.
L’intelligence artificielle, catalyseur d’innovations dans le cloud
Difficile de passer à côté du duo gagnant : cloud computing et intelligence artificielle. Les mastodontes AWS, Azure et Google Cloud rivalisent d’innovations pour booster la puissance de calcul et réduire les temps de traitement. L’adoption massive de GPU pour l’entraînement de modèles de langage ou d’algorithmes prédictifs modifie profondément la nature des services cloud proposés aux entreprises.
Désormais, les plateformes IaaS et SaaS embarquent nativement des modules d’intelligence artificielle générative. Chez Google Cloud, l’offre Vertex, ou chez Microsoft, les modules Copilot, témoignent de cette montée en gamme. Les bénéfices : automatisation, analyse en temps réel, personnalisation avancée. Industrie, finance, services : chaque secteur y trouve des applications concrètes.
Pour y voir plus clair, voici quelques enjeux qui se dessinent :
- Orchestrer des charges de travail hybrides, optimiser l’allocation en temps réel et garantir la confidentialité des données.
- Développer des architectures capables d’absorber la poussée du volume de données à traiter.
La dynamique d’innovation s’accélère. Chacun enrichit son offre : environnements prêts à l’emploi pour entraîner des agents conversationnels, systèmes de recommandation ou outils de vision artificielle. Les directions métiers s’emparent de ces solutions pour réinventer leur chaîne de valeur, dopées par la convergence du cloud et de l’IA.
Gestion, optimisation et durabilité : les nouveaux défis pour les entreprises
Le cloud computing a gagné en maturité, mais il impose aux directions informatiques de nouveaux équilibres à trouver. La vigilance s’impose sur la durabilité : le suivi des émissions carbone devient la norme, et l’empreinte des centres de données fait l’objet d’un examen attentif. Les géants du secteur annoncent des architectures plus sobres, mais rien n’est joué d’avance. Les critères ESG entrent systématiquement en ligne de compte lors des consultations, modifiant le curseur entre performance, souveraineté et impact environnemental.
Le FinOps se diffuse à grande vitesse. Les équipes IT traquent les usages inefficaces, réallouent les ressources et ajustent la mise à l’échelle en continu. Les outils de suivi s’affinent : analyse des coûts, anticipation des pics d’activité, gestion budgétaire au projet près.
Voici les priorités qui s’imposent sur le terrain :
- Développer une gouvernance des données à la hauteur du RGPD et du Cloud Act.
- Faire progresser la souveraineté numérique : l’Europe accélère sur les solutions locales et les certifications d’infrastructures.
Le cloud vert n’est plus hors sujet : énergies renouvelables, optimisation du refroidissement, transparence sur l’intensité carbone de chaque service. Les entreprises qui prennent de l’avance misent sur des tableaux de bord environnementaux, désormais intégrés au pilotage global de leur système d’information.
La prochaine étape ? Un cloud où performance, maîtrise technologique et responsabilité environnementale ne se négocient plus, mais avancent de concert. Aux entreprises de transformer cette promesse en réalité concrète, pour ne pas rester spectatrices d’un paysage qui change à toute allure.


